
Ce rapport annuel est un condensé d’informations essentielles à l’action d’un nouveau Conseiller des Français de l’étranger. J’en recommande la lecture à tous les Français-e-s établi-e-s hors de France. Il détaille l’action sociale des consulats, les services consulaires, le soutien par la France de son système d’éducation à l’étranger… Mais au delà des informations factuelles, certaines formulations sont empreintes d’un état d’esprit en fait pas si surprenant de la part du Gouvernement.
Mesures de satisfaction: ou l’art de faire dire aux chiffres ce que l’on veut
« les usagers sont systématiquement invités à répondre à un questionnaire de satisfaction à l’issue de leur rendez-vous dans un service consulaire. En 2025, le taux de satisfaction globale des services consulaires s’est élevé à 96.10% pour un total de 104.465 répondants« .
Oui d’accord, mais qu’en est il des non répondants? D’ailleurs, d’expérience, n’est ce pas quand on est insatisfait qu’on raccroche avec certainement pas l’envie de répondre à un questionnaire de satisfaction? Avec pour base de calcul les 900.130 rendez-vous pris via l’application « RV Consulat » le taux de réponse au questionnaire n’est que de 11,66%. Donc tout ce dont on est certains, c’est qu’au minimum le taux de satisfaction des usagers est en fait de 11,15%… On est loin des 96.1% mis en avant.
Comme dit durant la campagne électorale pour l’élection des conseillers, la digitalisation des services, c’est très bien, mais la survendre invite à soupçonner qu’elle servira à toujours moins de services à visage humain. Attention à la fracture numérique.
Autre exemple? Au sujet du Service France Consulaire, le call center qui filtre les demandes des usagers: ici on présente des chiffres de satisfaction suite à la réponse aux enquêtes supérieurs à 90% mais cette fois sans aucun indice sur le taux de réponse à l’enquête. Mon expérience d’usager est bien loin de cette satisfaction et peu de choses nous sont dites sur le niveau de formation sur des sujets consulaires techniques des personnes au bout du fil ou sur la société à laquelle est confiée cette mission de service public.
Cet usage fallacieux des enquêtes dites « de satisfaction » témoignent d’une volonté d’avancer dans la voix de la privatisation de services publics, mais est ce bien surprenant de la part d’un Gouvernement sous Emmanuel Macron?
Priorité à la lutte contre les fraudes, mais pas toutes…
« Depuis 2006, la direction de la Sécurité Sociale […] a fait de la lutte contre la fraude aux prestations sociales une priorité« .
Aïe, aïe, aïe… même dans un rapport technique, on ne peut pas s’en empêcher… Les études académiques et syndicales estiment le manque à gagner pour les finances publiques lié à la fraude fiscale à entre 80 et 100 milliards d’euros, notamment via des mécanismes faisant appel à des montages transfrontaliers… alors que l’estimation de la perte liée à la fraude sociale par le Haut Conseil du financement de la protection sociale et l’IFRAP oscille entre 13 et 17.5 milliards (incluant celle sur le territoire français), soit environ 5 fois moins… Mais dans le rapport, jamais l’action de lutte contre la fraude fiscale n’est qualifiée de « prioritaire »…
Les cols blancs sont tranquilles, on va se concentrer sur les allocataires sociaux… Que voulez-vous, on ne se refait pas !

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