Place Publique – 4 août 2026

Depuis 2017, la sécurité des travailleurs en France est devenue une variable d’ajustement. Pendant que les profits des grandes entreprises battent des records, les conditions de travail se dégradent, les accidents du travail augmentent, et les moyens alloués à la prévention fondent. Emmanuel Macron a fait un choix : privilégier les dividendes plutôt que la vie des travailleurs.
On nous avait promis une modernisation de l’économie. On a eu une régression sociale, où la sécurité au travail est considérée comme un coût superflu, et non comme un droit fondamental.
Des lois qui reculent au lieu de protéger
Sous Macron, les règles de sécurité au travail ont été affaiblies au nom de la « flexibilité » et de la « compétitivité » :
- La loi Travail de 2016, puis ses versions successives, ont réduit les contrôles et les sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas les normes de sécurité.
- Les inspections du travail sont en sous-effectif chronique, avec des moyens toujours plus réduits pour faire respecter le droit.
- Les CHSCT (Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) ont été fusionnés dans des instances moins puissantes, diluant la voix des salariés dans les décisions qui concernent leur sécurité.
Résultat ? Les accidents du travail explosent. En 2025, la France a enregistré une hausse de 12 % des accidents mortels sur les chantiers et dans l’industrie. Pourtant, le gouvernement continue de vanter une « amélioration » des conditions de travail.
Des travailleurs abandonnés à leur sort
Les travailleurs, eux, paient le prix fort :
- Dans le BTP, les chantiers manquent cruellement d’équipements de protection, et les délais serrés poussent à prendre des risques inutiles.
- Dans les entrepôts et la logistique, les cadences infernales imposées par les géants du e-commerce (Amazon, etc.) multiplient les troubles musculo-squelettiques et les accidents.
- Dans la santé et le social, les soignants et les aides à domicile sont épuisés, avec des effectifs réduits à la portion congrue, ce qui multiplie les risques d’erreurs et de burn-out.
Et quand un accident survient ? Les victimes se heurtent à des procédures interminables pour faire reconnaître leur droit à réparation. Les employeurs, eux, bénéficient souvent d’une impunité de fait.
Le mépris des alertes
Les signaux d’alerte sont pourtant clairs :
- Les syndicats tirent la sonnette d’alarme depuis des années, mais leurs appels restent lettre morte.
- Les rapports officiels (comme ceux de l’Assurance Maladie ou de l’INRS) soulignent régulièrement l’aggravation des risques professionnels, sans que cela ne déclenche aucune action forte.
- Les travailleurs eux-mêmes manifestent, se mettent en grève, mais se heurtent à un mur : celui d’un gouvernement qui préfère écouter le Medef plutôt que les salariés.
Macron et son équipe ont une réponse toute faite : « Il faut adapter la France. » Traduction : il faut accepter que la sécurité des travailleurs passe après les intérêts économiques.
Place Publique exige une rupture
À Place Publique, nous refusons cette logique. Un pays se juge à la manière dont il protège ceux qui le font vivre. Et aujourd’hui, la France échoue lamentablement.
Nous exigeons :
- Le rétablissement des CHSCT indépendants, avec des moyens renforcés pour contrôler et sanctionner les manquements en matière de sécurité.
- Un plan d’urgence pour les inspections du travail, avec des effectifs doublés et des pouvoirs étendus pour faire respecter le droit.
- Des sanctions exemplaires contre les entreprises qui mettent en danger leurs salariés, avec des amendes proportionnelles à leur chiffre d’affaires.
- Un droit de retrait renforcé : aucun travailleur ne doit être sanctionné pour avoir refusé de travailler dans des conditions dangereuses.
La sécurité au travail n’est pas une contrainte, c’est un droit humain fondamental. Et nous, nous choisissons toujours la vie des travailleurs plutôt que les profits des actionnaires.

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