Ce 5 octobre est censé nous permettre de « célébrer la façon dont les enseignants transforment l’éducation » et « réfléchir au soutien dont ils ont besoin ».

Pourtant, partout où la droite libérale est aux commandes, la recette semble être la même:
En Belgique francophone, la droite libérale casse statuts et moyens. Je vous invite sur le thème à suivre les travaux de mon camarade député au Parlement de la Communauté française Martin Casier.
En France, le sous financement chronique de l’éducation nationale (moyens humains, bâti et la liste est encore longue… témoignant d’une déconsidération par le gouvernement des élèves, des professeurs et de tous les autres personnels) a fait péter la cocotte minute.
Dans les deux cas, plutôt que de regarder à prendre l’argent là où il dort, on coupe, quitte à ce que ce soit dans l’avenir de nos enfants.
On coupe et on sélectionne: parce que oui, comprenez bien l’école, ce n’est pas pour former des citoyens, non non non… c’est pour produire des petits productifs, des ingénieurs. Alors, grâce à Parcoursup, plus de perte de temps et d’argent, les élèves en difficulté dans les filières générales, qu’ils oublient la fac, de devenir avocat ou médecin, non non non. Voici l’étape finale d’un parcours de ségrégation progressive dans lequel vous aurez d’abord vu vos petits camarades qui ont les moyens de l’enseignement privé ou qui baignent dans un environnement culturel, ou géographique favorable, rester dans les bons tuyaux, pendant qu’on vous a relégué dans les établissements publics qui souffrent et les filières (à tort) déconsidérées.
Et si vous vous rebiffez, alors on vous envoie la force publique, et tous les dérapages qui s’en suivent deviennent de bons prétextes à dévier les débats de ce qui a causé le trouble.
Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.
François Mitterrand
Mais je m’égare de mon rôle de Conseiller des français de l’étranger là. Vraiment? Parcoursup empoisonne aujourd’hui la relation franco-belge, la logique de ségrégation ayant amené les exclus à s’expatrier dans le système universitaire belge en masse, jusqu’à créer du ressentiment et menant même (info de mon petit doigt) la Ministre Présidente de la Fédération Wallonie Bruxelles Elisabeth Degryse à suggérer des restrictions à la liberté fondamentale de l’Union Européenne de la circulation des personnes…
Et de manière plus particulière les réformes passées et envisagées de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE), toujours dans le cadre d’un désengagement budgétaire de l’État français, vont mettre à mal les budgets de l’outil de soft power français qu’aucune autre nation au monde ne possède: un réseau d’enseignement unifié à travers le monde, véhicule des valeurs républicaines et de la culture française, au sein duquel nombre de diplomates, cadres politiques et élites culturelles mondiales, ont fait leur éducation.
Mais si on est prêt à brader l’avenir de nos enfants, après tout, on n’est plus à ça près.

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